dimanche 19 octobre 2008

Insensibilité olfactive bamakoise...

Les remugles des canniveaux de Bamako ont de quoi faire retourner Cyranno et son appendice nasale dans sa tombe... Alors que les spasmes me saisissent et que les hauts-le-coeur prennent possession de tout mon être à l'odeur pestiférante d'urine et autres déchets, les bamakois demeurent insensibles.

Certains dorment de tout leur saoûl tandis que d'autres discutent passionnément les pieds pendants au-dessus de cette vase malodorante comme nous le ferions au bout du quai d'un lac clair et limpide... Certains poussent même l'audace d'installer leur boui-boui sur des planches placées au-dessus de ces égoûts à ciel ouvert!

Quant à moi, histoire de continuer de respirer et survivre, j'essaie d'éviter ces zones nauséabondes en faisant moults détours et lorsque l'inévitable se produit, j'enfile un foulard à la Zoro et je respire par la bouche!

vendredi 10 octobre 2008

A la Di Stasio débarque à Bamako!



Pour répondre au message du blog d’une consœur CFCIste, Djou, voici donc quelques succès culinaires de mon cru. Toutefois, je dois préciser que j’ai certains privilèges qui font que la préparation de mes repas est moins fastidieuse que mes amis à Bobo-Dioulasso (couramment appelé Bobo), entre autre, le réfrigérateur et la cuisinière au gaz à 4 ronds!

Souvlaki pita accompagné de frites maison et mayo
Filet de porc mariné (ou filet de bœuf ou poulet) : bouillon Maggi, huile, dijon, piment en poudre, ciboulette
Tzaziki : un yogourt nature, une gousse d’ail, le jus d’un citron pressé, un demi concombre coupé en très petits dés, sel, ciboulette
Pain pita

Salade niçoise (sans laitue!)
Haricots (et ce n’est pas la Traoré qui parle mais la Lachance!), œufs à la coque, poisson (sardines, anchois ou thon), oignon et vinaigrette (huile, vinaigre, dijon).

Salade de couscous
Couscous, carottes, oignons, piments verts et rouges (pour ceux qui les aiment), pois chiches, maïs en grain, ciboulette, sel poivre et vinaigrette (huile, miel, jus d’une orange, vinaigre).

Pâtes arrabiata
Pâte de tomates diluée dans de l’eau et un peu d’huile, poudre de piment, tomates blanchies, pelées, coupées en dés et oignons caramélisé.

Riz au poulet

Riz cuit dans du bouillon Maggi, poulet et carottes bouillis, oignons caramélisés, chou, piments verts ou rouges au goût).

Pouding au riz
Faire réchauffer un restant de riz blanc bien cuit, un peu baveux dans un peu de lait et ajoutez du lait condensé sucré ☺ (et tant qu'à y être, envoyez-vous une bonne grosse cuillère de lait condensé sucré derrière le gorgotton!).

Hoummous
Purée de pois chiche en conserve ou pilonnez vos pois chiches, ajoutez jus d’un citron, un peu d’huile, de l’ail, du sel, du piment en poudre (Idem pour la purée d’aubergine en conserve).

Thé glacé
Infusez 2 sachets de thé pendant environ 8 à 10 minutes (au goût) dans 1 litre d’eau bouillante, ajoutez le jus de 2 petits citrons (limes) et diluez du sucre au goût (1/2 tasse). Refroidissez.

Limonade (concentrée)
Pressez 16 petits citrons (limes) pour avoir une tasse de jus de citron, faites bouillir une tasse d’eau, diluez environ ¾ tasses de sucre pour faire un sirop et ajoutez le jus des citrons. Refroidissez. Diluez une portion de limonade concentrée pour 3 portions d’eau. (trop compliquée!)

Solutions d'urgence :-)
Sandwich aux tomates et à la Vache Qui Rit
Sandwich aux oeufs

Soirée festive et endiablée

Toute la ville en parle : les Go de Koteba sont en ville! Mes collègues photographes, Fatoumata et Harandane, me disent que c’est un spectacle à ne pas manquer! Bon, je ne suis pas une grande consommatrice de spectacles et je suis plutôt conservatrice, alors j'hésite. Et puis 5000 CFA c’est mon budget de fruits et légumes pour 2 semaines même si c’est l’équivalent de seulement 13$ canadien! Au dernier moment je me décide: heureusement, le Centre Culturel français est à 2 minutes de marche...

Awa et Maate. Deux belles femmes passionnées, expressives, dynamiques et puissantes se partagent la scène. En fait, non, elles SONT la scène. Deux coépouses de celui qui est leur formateur, leur père culturel et spirituel, celui que j’ai affectueusement nommé Samuel L. Jackson. Leurs danses et leurs chants sont envoûtants, hypnotiques. Elles sont déchaînées et réussissent à communiquer leur passion à la salle qui est en transe. Leurs paroles, dans différents dialectes d’Afrique de l’Ouest et en français, sont sensées et appellent à la solidarité, à l’amour. J’ai envie de danser, de fêter. Leur présence est tribale, d’une passion si brute et pure que cela en est presque souffrant tellement l’intensité est forte.

Après une heure, elles quittent la scène pour prendre une pause. Les musiciens demeurent sur scène pour nous divertir. Et soudain, des gens se lèvent dans la salle et se précipitent sur la scène! Parfois seul, quelques fois à deux, ils se joignent aux musiciens et improvisent une danse. La foule les acclament, les encouragent. Des hommes et des femmes se succèdent, de tout âge. C’est le délire. C’est un délice. C’est un privilège de vivre un tel moment d’extase.

Elles sont ensuite revenues sur scènes, encore plus belles, plus endiablées. Cette soirée m’a comblée. Je me sens revivre et pleine d’énergie. Je me sens ivre de passion.